Le Noble Silence/Nobele stilte

wp-image-1985994360jpg.jpg

En faisant signe de la main je quitte la maison de Françoise et Antoine. Je repars vers l’église de Saint-Donat. Les sauveurs (personnes qui viennent en aide aux pompiers quand ceux-ci ne parviennent pas à atteindre un certain endroit) font des exercices. Sur le sol de nombreux mètres de corde, des mousquetons, des câbles…

Direction Houffalize par la GR15, jouant avec la frontière Belgique-Luxembourg. Je demande au facteur quelle route suivre pour quitter la ville. “Tout droit, au feu à droite, au rondpoint à gauche et puis…” Un peu plus loin un homme crie: “Vous y allez ou vous revenez?” Je me retourne, “Oh, j’y vais, j’en viens, j’en viens, j’y vais. Une continuité. Le chemin ne s’arrête jamais monsieur.” Je lève la main et lui fait signe. Je traverse plusieurs villages. Beaucoup de grandes fermes sont restaurées.

Dans le bois règne un silence immense. Le ‘Noble Silence’ continue. Il n’y a pas âme qui vive. Une plaine ouverte. Le soleil est haut, la chaleur de la terre reflète sur ma peau. Un champ de fougères. Je ferme les yeux et fais le silence en moi. Je sens mes pores s’ouvrir, une piqure sur mon mollet me démange, les bretelles de mon sac à dos frottent sur ma peau. Le bruit des criquets. Les muriers et les différents conifères répandent une agréable odeur douce. Un souvenir. Le sud de la France, la France dans mon propre pays. Au loin, derrière moi l’église Saint-Martin de Arlon est encore visible. Une église identique se trouve à Ostende. Les deux furent construites sur ordre du roi Léopold II et évoquent les deux points extrêmes du pays. Un lièvre saute dans ma direction. Je reste sur place, jusqu’à ce que le lièvre me remarque. Avec son petit derrière pelucheux il saute en l’air, fait un quart de tour et disparait à toute vitesse dans le bois. Il y a aussi une martre. Encore une heure de marche pour atteindre Martelange.

Enfin un premier établissement où on peut boire. Il est six heures moins le quart, le soleil commence à se coucher. Deux voitures. Un grand parking. À la fenêtre la pancarte ‘ouvert’.

Ouf! Je vois déjà un grand verre frais devant mes yeux… à l’intérieur des chaises noires brillantes. Une femme moitié-nue. Un homme au comptoir. À l’étage j’entends le plancher craquer. Ce n’est pas un café, pas une brasserie… un bar. Je sors mon journal. Une femme à moitié nue me sert calmement un verre de jus de fruit. Sa peau à l’air jeune, ses gestes sont doux. Pas banal un pèlerin qui écrit son journal dans un salon de prostitution. Mes jambes et mon corps sont contents de se reposer un peu.

À Martelange je passe devant une maison dont la porte d’entrée est ouverte. Le bruit de la vaisselle. Je fais un pas en arrière et suis mon intuition. Une question, y a-t-il encore un couvent dans les environs où je pourrais passer la nuit. Une invitation spontanée s’en suit. Je reste en compagnie de Véronique et Daniel dans la cuisine jusqu’à minuit. La conversation est intense et intéressante. Merci de votre franchise.

GPX Bestanden Arlon – Martelange

Nobele Stilte

Al zwaaiend verlaat ik het huis van Françoise en Antoine. Terug naar de kerk van Saint-Donat. Les sauveurs, de mannen die in noodsituatie de brandweer bijstaan op plaatsen waar de brandweer niet bij kan, zijn aan het oefenen. Op de grond, meters touwen, karabijnhaken, kabels…

Via de GR15 richting Houffalize, spelend met de grens België-Luxemburg. Aan een postbode vraag ik de weg om de stad te verlaten. “Rechtdoor, aan de lichten rechts, rondpunt links, et puis…” Verderop roept een man: “Vous y allez ou vous revenez?” Ik draai me om, “Oh, j’y vais, j’en viens, j’en viens, j’y vais. Une continuité. Le chemin ne s’arrête jamais, monsieur.” Ik steek mijn hand op en zwaai. Ik kruis een paar dorpen. Veel grote gerestaureerde hoeves.

In het bos heerst en immense stilte. Le ‘Noble Silence’ continue. Geen mens te zien. Een open vlakte. De zon staat hoog, de warmte van de aarde straalt op mijn huid. Een veld van varens. Ik sluit mijn ogen en maak het stil in mij. Ik voel mijn poriën die zich openen, een beet op mijn kuit jeukt, mijn rugzakriemen schuren langs mijn huid. Het geluid van krekels. De braambesstruiken en de naaldbomen verspreiden een aangename zoete geur. Een herinnering. Zuid-Frankrijk, Frankrijk in eigen land. Achter mij in de verte is de kerk van Saint-Martin in Arlon nog zichtbaar. Een identieke kerk staat in Oostende. Beiden werden gebouwd in opdracht van Koning Leopold II en verwijzen naar de twee uitersten in ons land. Een haas huppelt in mijn richting. Ik bevries, tot de haas me plots ziet. Met zijn pluizig kontje omhoog, springt hij een kwartdraai in de lucht en verdwijnt met snelheid het bos in. Ook een marter is van de partij. Nog ongeveer een uur te wandelen naar Martelange. Eindelijk een eerste drankgelegenheid. Het is kwart over zes, de zon gaat stilletjes onder. Twee wagens. Een grote parking. Aan een venster hangt ‘ouvert’. Oef! Ik zie al een groot fris glas voor me staan. Binnen blinkende zwarte stoelen. Een vrouw halfnaakt. Een man aan de toonbank. Boven hoor ik de vloer kraken. Geen café, geen brasserie… een bar. Ik haal mijn dagboek boven. De halfnaakte vrouw serveert me in alle rust een glas fruitsap. Haar huid ziet er jong uit, haar gebaren zijn zacht. Niet alledaags: een pelgrim die haar verhaal schrijft in een huis van plezier. Mijn benen en mijn lichaam zijn blij even te mogen uitrusten.

In Martelange kom ik langs een huis waar de voordeur open staat. Het geluid van de afwas. Ik neem één stap terug in achterwaartse richting en volg mijn gevoel. Ik vraag of er nog een klooster in de buurt is voor een overnachting. Een spontane uitnodiging volgt. Tot middernacht zit ik met Veronique en Daniël in de keuken, intense en rijke gesprekken. Bedankt voor jullie openheid.

 

 

Klavertje vier/Trèfles à quatre feuilles

wp-image-1324149651jpg.jpg

Après la forte pluie d’hier et quelques préparations, c’est seulement aujourd’hui que je reprends le train vers Messancy. Une charmante accompagnatrice de train me fait savoir, à hauteur de Namur, qu’il est préférable de descendre à Libramont pour éviter la longue attente du prochain train à Arlon.

Messancy. Avec quarante jours d’intervalle – et pourtant c’est comme si c’était hier – je continue mon parcours. Que représente le temps lorsqu’on peut ressentir ces choses? Une chose qui a changé durant cette période, c’est la nature. D’autres fleurs qui fleurissent, les champs de blé sont fauchés, le maïs a pris de la hauteur… des dahlias, tournesols.

À mes pieds d’innombrables trèfles. Ils me ramènent dans le temps, me rappellent la méditation de la semaine dernière, assise sur un banc avec plein de trèfles aux alentours. Une compagne de classe passe devant moi. Elle regarde le sol. Fait un pas en arrière. Se penche vers le sol, tend la main. Elle sourit. Dans sa main un trèfle à quatre feuilles.

À cet instant j’ai pensé à tous ces gens autour de moi qui cherchent le bonheur, le bonheur rempli d’espoir pour l’avenir.

Des espérances qui peuvent mener bien des gens vers l’isolement, la solitude, la douleur, la peine…, on peut chercher le bonheur pendant des heures, des mois, des années, bien souvent avec beaucoup de gaspillage d’énergie. Passer à coté de la joie du moment, à l’endroit où on est, où on se trouve. Le bonheur est si proche… ne cherchez pas trop loin… il est à portée de mains, dans chacun d’entre nous. Et ce bonheur-là est divisible à l’infini et vous donne tellement de joie.

Cet instant, là-bas sur ce banc…tout simplement ‘Être’ m’a permis de voir son bonheur. Une petite plante verte nous a procuré la sensation de bonheur, de joie et elle nous a relié l’une à l’autre.

Un garçon en bicyclette descend le pont à toute vitesse. Il freine de toutes ses forces. “Bonjour madame. Vous savez où il y a un Pokéstop?” “Non, mon garçon.” “Bonne journée, madame”, et il continue sa route avec enthousiasme. Surprise je regarde autour de moi tout en haussant les sourcils. La manie Pokémon.

Arlon. Quelqu’un me dirige vers Saint-Donat, une église, datant de l’ère Celtique, où habite l’abbé Hanzen, qui pourra peut-être m’aider à trouver un logement pour cette nuit. Il n’y a personne. Saint-Donat est le point culminant d’Arlon. J’y assiste à un resplendissent coucher de soleil sur toute la vallée. La vue s’étend à l’infini. Antoine continue de m’aider dans ma recherche et me guide à travers une partie de la ville. Cet homme dégage un calme énorme.

Finalement je termine la soirée chez lui. En compagnie de sa femme Françoise, nous passons une agréable et joyeuse soirée. Encore un cours de photographie intensif pour apprendre à Antoine à mettre deux personnes en image dans une petite pièce.

GPX Bestanden Chatillon – Arlon

Klavertje vier

Na de hevige regen van gisteren en nog wat voorbereidingen, vertrek ik pas vandaag met de trein terug naar Messancy. Een lieve treinbegeleidster in Namen weet me te vertellen dat ik het best in Libramont uitstap wegens langdurig wachten in Arlon voor de volgende trein.

Messancy. Met veertig dagen ertussen – en toch voelt het aan alsof het gisteren was – stap ik verder. Wat betekent tijd wanneer je dit mag beleven en voelen? Wat wel in tijd veranderd is, is de natuur. Andere bloeiende bloemen, afgemaaide graanvelden, hoge maïs… Dahlia, zonnebloemen. Aan mijn voeten ontelbare klavertjes. Ze brengen me eventjes terug in de tijd, toen ik vorige week op een bank zat te mediteren met aan mijn voeten talrijke klavertjes. Een medestudente wandelde me toen voorbij, keek naar beneden, nam een stap terug, boog voorover en stak haar hand uit. Ze glimlachte. In haar hand een klavertje vier. Ik dacht toen aan de vele mensen rondom mij op zoek naar het geluk, geluk gevuld met verwachtingen voor de toekomst. Verwachtingen die mensen in isolatie kunnen brengen, eenzaamheid, verdriet, pijn… Uren, maanden, jaren kan je hier naar op zoek gaan. Vaak veel verloren energie… Het geluk van het moment voorbijlopen, daar waar je bent, waar je staat. Het geluk is zo dichtbij… je hoeft het niet ver te zoeken… het is in elk van ons… en dit geluk is zo oneindig deelbaar. Je ontvangt er zoveel vreugde van. Dat moment, daar toen aan het bankje. Gewoon door te ‘Zijn’, had ik het geluk haar geluk te mogen zien. Een klein groen plantje dat ons het gevoel van geluk en vreugde in verbinding bracht.

Een jongen op de fiets rent de brug naar beneden. Slaat zijn remmen toe. “Bonjour madame. Vous savez où il y a un Pokéstop?” “Non, mon garçon.” “Bonne journée, madame”, en hij rijdt enthousiast verder. Verbaasd kijk ik rond mij, mijn wenkbrauwen rollen naar boven tot mijn eurocent valt. De Pokémonrage. Arlon (Aarlen). Iemand verwijst me naar Saint-Donat, een kerk uit de Keltische tijd, waar l’Abbé Hanzen woont, die misschien kan helpen met een overnachting. Niemand thuis. Saint-Donat is het hoogste punt van Arlon. Een prachtige avondzon is te zien over de hele vallei. Het zicht reikt oneindig ver. Antoine helpt me verder zoeken en gidst me persoonlijk door een deel van de stad. De man straalt een enorme rust uit.

Uiteindelijk eindig ik de avond bij hem thuis. Samen met zijn vrouw Françoise hebben we een fijne, vreugdevolle avond. Nog even een spoedcursus fotografie om uit te leggen aan Antoine hoe je in een kleine plaats twee mensen op het beeld kan krijgen.